ESSAI - Toyota GR Supra (2019) : vrai retour ou BMW Z4 déguisée ? (2024)

La nouvelle Supra n'est-elle qu'un Z4 affublé d'un spectaculaire emballage? Toyota, en s'alliant à BMW pour développer la cinquième génération du mythique coupé, s'attire fatalement la suspicion des puristes. Si toutes deux partagent la même mécanique, les chemins des metteurs au point se sont bien séparés à un moment. Verdict, sur le circuit de Jarama en Espagne.

On pourrait aussi inverser la question, et considérer le nouveau BMW Z4 comme une version décapsulée et plus bourgeoise de la Toyota Supra. Mais à son lancement, les plaisanteries des puristes allaient plutôt à l'inverse, évoquant la nouvelle "Zupra"avec l'accent allemand. Entre autres boutades que l'on pouvait entendre lors de sa première apparition au salon de Genève, en mars dernier, alimentées par les préoccupations de comodos d'essuie-glaces et de commande de clim' en provenance de Munich. Est-ce bien primordial...

Compacte, la nouvelle Supra ne mesure que 4,38 m soit 14 cm de moins que la précédente génération. Seulement 2,47 m d’empattement, plus court qu’une GT86!

Bon à savoir : anticiper l'achat et la revente.

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Ce serait oublier que les deux cousines ont fait l'objet d'une gestation commune, mais qu'une certaine latitude a bien été laissée à chacun, relativement tôt dans le processus de mise au point. Les liaisons au sol de la Supra n'ont ainsi pas grand-chose en commun avec la bavaroise, idem pour le différentiel à glissem*nt limité, la direction...

Tout cela a été confié aux soins des ingénieurs de Gazoo Racing (d'oùson nom de baptême officiel, GRSupra), le département sportif Toyotaavec le Nürburgring pour terrain de jeu. Et ce look, bien sûr. Interminable capot, poste de conduite reculé à l'extrême et double bosselage de toit rappellent pêle-mêle son aïeule 2000 GT de 1967, la Supra IV voire...une Viper en réduction. On aime ou pas, les ouïes 100% factices sont là pour le décor mais le rendu est bestial à souhait. C'est déjà ça, le nombre de sourires croisés sur les routes des environs de Madrid sont plutôt bon signe.

Adieu 2JZ, bonjour B58

Un peu obscurs, ces étranges codes? Traduction: le premier, bien connu des amateurs, est le nom interne du 6 cylindres en ligne 3 litres de la Supra IV (1993 – 2002). Le second, le bloc BMW qui officie sous le capot des 340i, Z4...et nouvelle Supra. Autant le reconnaître, la Supra a biberonné des vitamines bavaroises. Cela s'entend, se ressent, et s'il n'y avait le logo Toyota et l'instrumentation spécifique sous les yeux, l'atmosphère sonne BMW. 340 ch et du couple à foison (500 Nm dès 1.600 trs/mn). Chantant, sérieusem*nt musclé mais dénué de brutalité.La boite ZF8 rapports se distingue surtout par son fonctionnement lissé, y compris en mode Sport. Dommage, une boite manuelle aurait toute sa place.

Un certain nombre de commandes sont en provenance directe de Munich (y compris le volant), économies d'échelle obligent. La présentation est soignée. Contrairement aux précédentes Supra (2+2), la nouvelle venue est une stricte deux places.

C'est rond, feutré, linéaire et rageur à mesure que l'on grimpe en régime. L'échappement a lui aussi fait l'objet d'un travail indépendant côté japonais. Jusqu'à 6.500 tours, la poussée est toujours vigoureuse et le timbre devient plus métallique. Vu que le 6 en ligne fait partie de l'ADN de la Supra, il n'est pas incohérent que Toyota ait fait appel au spécialiste du genre (à moins de concevoir un moteur en interne, qui aurait considérablement retardé son arrivée et augmenté les coûts). Une zone rouge située 1.000 tours plus haut, pourtant, serait tellement plus sensationnelle!

Pour certaines icônes, la nostalgie mène donc souvent a des effets pervers. Si l'on garde en mémoire ce qui faisait le sel d'anciennes gloires des années 90 en espérant retrouver la même chose chez leurs héritières contemporaines, deux décennies plus tard, la déception guette. Il convient donc d'aborder la Supra cinquième du nom avec un regard le plus vierge possible.Pas facile, l'emblématique sportive Toyota était attendue comme le messie, après 17 ans d'interruption de la lignée...Quoi qu'il en soit, inutile de pleurer sur la généralisation de la suralimentation, passage quasi obligé. Et puis, ce serait oublier que la Supra IV avait elle aussi droit à sa version biturbo, forte de 330 ch.

Les freins Brembo sont suffisamment puissants, tant que l’on évite les fortes sollicitations à répétition. Le dosage manque de feeling.

Ce tempérament aux antipodes du caractère pointu des mécaniques japonaises à l'ancienne, qui prennent vie dans les tours, n'est pas déplaisant pour autant. Là, pas besoin de le cravacher pour signer des chronos saignants: 4,3 s de 0 à 100 km/h, cela place la Supra au coude à coude avec une Porsche 718 Cayman S.

Esprit Supra, es-tu là?

Voir le long capot se cabrer à travers l'étroit pare-brise, en étant littéralement assis sur l'essieu arrière, est déjà jouissif.Même sans attaquer, il se passequelque chose.

L'auto étant relativement légère (1.495 kg, soit 115 kg de moins que le Z4) et la structure particulièrement rigide, pas besoin de durcir excessivement les liaisons au sol pour contenir les mouvements. Même le mode Sport, pourtant plus raide, conserve un toucher de route feutré. Voire trop souple, à bon rythme: il arrive parfois (trop souvent?) d'arriver en butée en compression. Heureusem*nt, pas au point de nuire à l'équilibre ultra-sain et prévisible de ce coupé (50/50, pour la répartition des masses). Mais il y aurait de la place pour une option de châssis plus sportif.

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6 en ligne typiquement BMW, en sonorité comme en tempérament. Ce n'est pas un reproche.

Cette relative souplesse de suspension permet néanmoins de ménager des réactions progressives, très faciles à anticiper. La dérive se provoque facilement, en remise de gaz, et se contient à l'instinct. Sans débordement, ni effusion de puissance: des chevaux, il y en a juste ce qu'il faut. Ni trop, ni trop peu. Ceux qui s'attendaient à un muscle-car de poche en seront pour leurs frais.Le différentiel actif, plutôt efficace, aide à enrouler sur les portions les plus sinueuses sans perte de motricité, à moins de la provoquer sciemment... Le survirage intervient de manière transparente, sans piège. Tout celarappellecomment se conduit une vraie propulsion à l'ancienne.

Excellente école donc, même si la Supra 2019 prend une tournure finalement moins radicale que ce que l'on aurait pu prévoir. Le rendu parvient à être hom*ogène sans être ennuyeux pour un sou. C'est rare, mais certains seront peut-être frustrés par ce parti-pris (les mêmes qui tiquent sur les boutons BMW?). Le malentendu est entretenu par Gran Turismo et Fast & Furious, véhiculant une image de l'auto bien plus méchante qu'elle ne l'est en réalité (comprenez, hors des préparations dégoulinantes à 1.000 ch...). Dans la vraie vie, la Supra a toujours été par nature une GT de sport, préservant une réelle facilité d'usage.

Ultra prévisible et saine dans ses réactions, mais les suspensions gagneraient à être plus fermes... Le museau s'écrase parfois en appui, quelques mouvements de caisse subsistent.

Tarifs: pas vraiment une BMW low-cost

Faire passer la Supra pour une Z4 dépouillée et simplifiée serait une erreur. Chacune dégage bien une personnalité propre, sans être le parent pauvre de l'autre. La japonaise n'est pas donnée, justement: 65.900 € minimum, en partie justifiés par l'équipement ultra-complet. La plupart des aides à la conduite classiques sont de série (capteur d'angle mort, alerte de franchissem*nt de ligne, radar de manœuvre arrière...). Plutôt bienvenu, vu la visibilité périphérique assez réduite. Interface média et régulateur adaptatif sont aussi présents d'office.

A équipement comparable, la Supra est donc légèrement meilleur marché que le Z4 qui débute à 67.650 € (mais découvrable), et bien plus abordable qu'un 718 Cayman S de 350 ch (près de 71.000 € avec boite PDK).

La production de la Supra est assurée sur le même site que le Z4, à Graz en Autriche. A noter, tous les modèles prévus pour la France en 2019 sont déjà vendus.

Caractéristiques techniques Toyota GR Supra (2019)

Fiche Technique de la Toyota Supra (2019)
Modèle essayé : Toyota GR Supra
Dimensions L x l x h4,379 / 1,854 / 1,292 m
Empattement2,470 m
Volume mini / maxi du coffre290 l
Poids à vide1.495 kg
Cylindrée du moteur6 cylindres en ligne essence, turbo - 2.998 cm3
Puissance moteur340 ch à 5.000 tr/min
Couple500 Nm à 1.600 tr/min
0 à 100 km/h4,3 s
Vitesse max250 km/h
Consommation annoncée7,5 l / 100 km (parcours mixte, NEDC corrélé)
Taux de CO2170 g/km
Malus 20194.890 €
Prix du modèle essayé65.900 €

Bon à savoir : anticiper l'achat et la revente.

Que ce soit pour l'achat d'une voiture neuve ou d'occasion, Il est important de prévoir toutes les dépenses en comparant différentes offres d'assurance voiture.

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